Les chiffres
- Nombre d’habitants dans les 27 États-membres de l’UE : 448,4 millions d’habitants
- Nombre de personnes au chômage : 13,144 millions dans l’UE soit 6,4 % de la population active
- Nombres de jeunes (-25 ans) au chômage dans l’UE : 2,898 millions soit 14,9% des jeunes actifs
La politique européenne de l’emploi
Depuis 1997, l’Union européenne s’est dotée d’une Stratégie européenne pour l’emploi (SEE), les États-membres de l’UE ont entrepris de fixer un ensemble d’objectifs communs concernant la politique de l’emploi. Son objectif principal est la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité dans toute l’UE.
Dans le domaine de l’emploi, l’UE dispose de plusieurs objectifs et actions. Le TFUE mentionne la promotion d’un niveau élevé de l’emploi grâce à l’élaboration d’une stratégie coordonnée visant notamment à la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et capable de s’adapter, ainsi qu’à la création de marchés du travail pouvant réagir rapidement à l’évolution de l’économie.
Dans le cadre de la lutte contre le chômage, en 1993, le réseau EURES a été créé, qui permet d’échanger les offres et demandes d’emplois au niveau européen et qui favorise la mobilité des travailleurs. En réaction à la crise économique et financière de 2008, la Garantie européenne pour la jeunesse, dont l’objectif est de garantir à tous les moins de 25 ans un emploi, un stage ou une formation dans les 4 mois suivant la fin de leurs études ou de leur dernière expérience professionnelle a été mise en œuvre.
En 2018, la révision de la directive sur les travailleurs détachés a également abouti, après deux ans de négociations. Le principe “à travail égal, rémunération égale sur un même lieu de travail” a été consacré. Les conventions collectives du pays d’accueil sont désormais appliquées, tandis que le détachement est limité à 12 mois. Une Autorité européenne du travail a été créée en octobre 2019 pour gérer ce sujet. L’UE a également adopté des directives sur l’équilibre femmes-hommes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en bourse en 2022, sur la transparence des salaires en 2023 et sur les travailleurs des plateformes numériques en 2024.
Le socle européen des droits sociaux
Au sommet social de Porto le 7 et 8 mai 2021 pendant la Présidence portugaise de l’Union européenne, les partenaires sociaux et les institutions européennes se sont accordés sur la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux d’ici à 2030.
3 GRANDS OBJECTIFS ONT ÉTÉ ADOPTÉS
- Au moins 78% des personnes âgées de 20 à 64 ans doivent avoir un emploi,
- Au moins 60% de tous les adultes doivent participer à une formation chaque année,
- Le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale doit être réduit d’au moins 15 millions, dont au moins 5 millions d’enfants.
La gestion de la crise Covid
En 2020, la crise liée à la pandémie de Covid-19 et ses lourdes conséquences économiques placent les préoccupations sociales au cœur des priorités européennes. Dans un premier temps, l’UE a réagi en mettant en place l’initiative temporaire SURE (aide à l’atténuation des risques de chômage en cas d’urgence). Concrètement, ce soutien financier aux Etats membres (sous forme de prêts) a permis de financer des mesures de sauvegarde de l’emploi comme des régimes de chômage partiel.
Dans un second temps, l’UE a répondu aux problématiques économiques en mettant en place un plan de relance européen, baptisé Next Generation EU, lequel prévoit le versement de 750 milliards d’euros aux Etats membres sous forme de transferts et de prêts. Dans leurs plans de relance nationaux, les Etats membres sont incités, outre la lutte contre le changement climatique et la préservation de l’environnement, à favoriser la résilience économique et sociale.
2023 : L’année européenne des compétences
En 2023, l’UE a instauré l’Année européenne des compétences. Le but de cette année thématique est notamment de promouvoir l’acquisition des compétences nécessaires à de bonnes perspectives professionnelles pour l’ensemble des citoyens européens.
Le salaire minimum en Europe
Le salaire minimum mensuel varie considérablement dans l’UE en 2022, allant de 332 € en Bulgarie à 2 256 € au Luxembourg. L’un des principaux facteurs de l’écart est la différence du coût de la vie. Certains pays européens ne possèdent également pas de salaire minimum. L’UE a cependant légiféré sur la question.
Que prévoit la législation européenne sur les salaires minimums ?
Les pays de l’Union européenne doivent s’assurer que leur salaire minimum légal national permet un niveau de vie décent. Pour déterminer ce niveau, ils peuvent utiliser des outils tels que :
- Un panier national de biens et services à prix réels, incluant potentiellement des activités culturelles, éducatives et sociales.
- La comparaison du salaire minimum avec des valeurs de référence internationales couramment utilisées, comme 60 % du salaire médian brut ou 50 % du salaire moyen brut.
- La comparaison du salaire minimum net avec le seuil de pauvreté.
- Le pouvoir d’achat du salaire minimum.
Quelles sont les autres mesures que les gouvernements nationaux doivent prendre ?
Les gouvernements doivent également :
- Promouvoir la négociation collective pour la fixation des salaires.
- Mettre à jour les salaires minimums légaux au moins tous les deux ans, ou au plus tous les quatre ans pour les pays utilisant un mécanisme d’indexation automatique.
- Effectuer des inspections du travail pour garantir la conformité et lutter contre les conditions de travail abusives.
- Veiller à ce que les travailleurs aient accès au règlement des différends et à un droit de recours.
Tous les pays de l’UE vont-ils avoir le même salaire minimum ?
Non. Chaque pays fixe son niveau de salaire minimum en fonction des conditions socio-économiques, du pouvoir d’achat, des niveaux de productivité et de l’évolution nationale.
Les pays où les salaires sont fixés exclusivement par voie de conventions collectives ne sont pas obligés d’introduire un salaire minimum légal.