L’Union européenne s’est constituée sur des fondements économiques et non sur une coopération culturelle. Ce n’est donc que très progressivement que l’UE s’est dotée d’une politique en la matière, fondée sur la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel.
Conformément au principe de subsidiarité, l’Union n’intervient que si les objectifs de son action ne peuvent être atteints de façon suffisante par les États membres. L’action européenne ne se substitue donc pas à l’action des États mais la complète, afin d’encourager la coopération culturelle.
Les objectifs de l’Europe de la Culture
- promouvoir la création dans sa diversité et contribuer au développement économique de ces secteurs ;
- renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté européenne, dans le respect de la diversité des traditions et cultures nationales et régionales ;
- faciliter l’accès du citoyen européen à la culture, en tant que facteur d’intégration sociale;
- soutenir les échanges culturels non commerciaux ;
- exploiter le potentiel d’emploi du secteur culturel ;
- promouvoir la diversité culturelle des pays de l’Union ;
- contribuer au rayonnement de la culture européenne dans le monde.
Les défis du numérique et de la rémunération du secteur culturel européen
Depuis plusieurs années, la politique culturelle européenne fait l’objet de réformes, particulièrement à l’aune de la transition numérique. En effet, l’Union européenne nourrit l’ambition de bâtir un « marché unique du numérique« , auquel se heurte dans une certaine mesure le fonctionnement actuel du secteur culturel.
Une directive garantissant aux auteurs une juste rémunération au sein de l’espace européen a notamment été adoptée le 15 avril 2019. L’Union européenne valide ainsi le principe d’une meilleure rémunération des artistes et éditeurs de presse à partir du trafic généré par leurs contenus sur des plateformes comme Google ou YouTube. Les plateformes seront désormais responsables des contenus publiés par leurs utilisateurs.
Concernant l’utilisation des articles de presse par les plateformes, la création d’un droit voisin du droit d’auteur pour les médias est entérinée. De cette manière, les médias devraient être rémunérés lors de la réutilisation de leur production éditoriale par les agrégateurs d’informations tels que Google Actualités ou Facebook.
Autre mesure marquante adoptée : obliger les plateformes à la demande, à l’instar de Netflix, à proposer à leurs utilisateurs au moins 30% d’œuvres européennes.
Le prix Capitale Européenne de la Culture
Le but de ce label est, selon la Commission européenne, de “mettre en valeur la diversité de la richesse culturelle en Europe et les liens qui nous unissent en tant qu’Européens”.
Plus prosaïquement, il s’agit, pour les villes ainsi mises à l’honneur, de promouvoir leur patrimoine et leur dynamisme culturel à travers l’organisation de dizaines d’expositions, festivals et autres évènements, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique non négligeable grâce à la labellisation européenne.
Cinq villes françaises ont reçu ce titre : Paris en 1989, Avignon en 2000, Lille en 2004, Marseille en 2013 et Bourges pour 2028.
Les financements européens de la Culture : Programme Europe Creative
Le programme Europe Créative poursuit deux objectifs principaux :
→ Préserver, développer et promouvoir le patrimoine et la diversité culturelle et linguistique.
→ Accroître la compétitivité et le potentiel économique des secteurs de la culture et de la création, et en particulier du secteur de l’audiovisuel.
Le programme est doté d’une enveloppe de 2,44 mds € pour la période 2021-2027.
Les taux de cofinancement peuvent aller jusqu’à 80% en fonction de la taille des projets afin de garantir une accessibilité à tous les acteurs du secteur culturel.
Il présente trois volets :
LE VOLET CULTURE
- Des actions horizontales couvrant tous les secteurs de la culture et de la création : soutien à des projets de coopération culturelle, à des réseaux d’organisations professionnelles, à des plateformes de promotion des œuvres et artistes européens, et à un programme de mobilité individuelle.
- Un soutien dans les secteurs de la musique, du livre et de l’édition, du patrimoine culturel et de l’architecture, ainsi que dans d’autres secteurs.
- Des actions spéciales destinées à récompenser et à promouvoir l’excellence et la créativité, telles que les prix décernés dans les domaines de la littérature, de la musique, de l’architecture et du patrimoine culturel, les capitales européennes de la culture, et le label du patrimoine européen.
LE VOLET MEDIA
- Encourager la coopération à la fois tout au long de la chaîne de valeur et au niveau de l’UE afin de développer les entreprises audiovisuelles et les contenus européens à l’échelle mondiale.
- Favoriser le développement des talents, d’où qu’ils viennent, et élargir la participation et la collaboration entre les pays.
- Soutenir l’utilisation des nouvelles technologies pour garantir la pleine exploitation de la transformation numérique.
- Favoriser la soutenabilité du secteur et inclure des objectifs sociétaux tels que l’égalité femmes-hommes et la diversité.
LE VOLET TRANS-SECTORIEL
- La coopération politique transnationale : promouvoir la connaissance du programme et soutenir la transférabilité des résultats.
- Les laboratoires d’innovation créative : promouvoir les approches innovantes de la création, de la diffusion et de la promotion de contenus, ainsi que de l’accès à ces derniers, à travers les secteurs de la culture et de la création.
- Les médias d’information : soutenir l’éducation aux médias, un journalisme de qualité, la liberté et le pluralisme des médias.