Crise du logement : les maires français, aux côtés de leurs homologues européens, appellent l’UE à agir d’urgence

La crise du logement s’aggrave dans toute l’Union européenne, et les maires tirent la sonnette d’alarme. D’après les résultats du sondage Eurocities Pulse Mayors Survey 2025, 86 maires de 27 […]

La crise du logement s’aggrave dans toute l’Union européenne, et les maires tirent la sonnette d’alarme. D’après les résultats du sondage Eurocities Pulse Mayors Survey 2025, 86 maires de 27 pays européens, dont sept grandes villes françaises, réclament une action urgente de l’Union pour faire face à la flambée des prix, à la raréfaction des logements abordables et à l’exclusion croissante.

En France, six métropoles ont participé au sondage : Aix-Marseille-Provence Métropole, Brest Métropole, la Métropole de Lyon, la Métropole Nice Côte d’Azur, Rennes Métropole et Toulouse Métropole. Leurs réponses mettent en lumière un constat partagé : les capacités d’action locales sont limitées face à l’ampleur de la crise, et une mobilisation européenne devient indispensable.

Le logement, priorité montante pour les villes européennes

Si l’action climatique reste la priorité numéro un pour 63 % des maires européens, l’accès au logement abordable se hisse désormais au second rang (40 %), devant l’inclusion sociale et l’aménagement urbain.

Le constat est préoccupant :

Mathias De Clercq
  • Seuls 14 % des maires considèrent que le logement reste abordable dans leur ville ;
  • 47 % estiment qu’il est gravement menacé ;
  • 39 % jugent qu’il est déjà hors de portée pour une majorité de citoyens.

« La crise du logement dans nos villes devient incontrôlable,” a déclaré Mathias De Clercq, le nouveau président d’Eurocities et maire de Gand. “L’UE doit travailler directement avec les villes pour développer un plan européen pour le logement abordable, avec des financements accélérés, un soutien aux partenariats public-privé et des solutions de construction innovantes et durables« .

Les maires français expriment leurs inquiétudes

Les réponses des villes et métropoles françaises au sondage Eurocities Pulse 2025 mettent en lumière une situation singulière et préoccupante. Les maires français expriment une confiance nettement plus faible dans les institutions nationales et régionales que leurs homologues européens : 43 % déclarent ne pas faire confiance à leur gouvernement régional, un taux particulièrement élevé comparé à la moyenne européenne, où cette défiance reste marginale.

Ce climat de défiance s’étend également au fonctionnement démocratique. Plus de la moitié des maires français (57 %) se disent insatisfaits de la démocratie nationale, et 43 % expriment une insatisfaction vis-à-vis de la démocratie européenne. Ces chiffres contrastent fortement avec la tendance européenne : à l’échelle de l’Union, seuls 26 % des maires interrogés se disent insatisfaits du fonctionnement démocratique européen.

Sur le plan économique, les perspectives sont tout aussi contrastées. Si 43 % des maires français se déclarent relativement confiants dans la résilience de leur économie locale, aucun d’entre eux n’exprime d’optimisme pour l’économie nationale. Une situation qui souligne le décalage perçu entre les dynamiques locales, souvent porteuses d’innovation et de solutions concrètes, et les orientations nationales jugées insuffisamment soutenantes ou en décalage avec les besoins territoriaux.

Enfin, les responsables municipaux français pointent les limites persistantes de la gouvernance multiniveau. Près de 60 % estiment que la coopération entre les différents échelons de gouvernement ne s’est pas améliorée au cours des dix dernières années. Les entraves relevées concernent notamment le manque d’autonomie fiscale des collectivités, les obstacles à l’investissement dans les infrastructures locales, et les difficultés à obtenir des financements pour les mobilités durables, comme l’entretien ou le renouvellement des flottes de transports.

Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour demander un engagement renforcé de l’Union européenne auprès des territoires. Comme l’a exprimé Renaud Payre, vice-président en charge de l’Habitat, du Logement social et de la Politique de la ville à la Métropole de Lyon :

Renaud Payre

« La métropole lyonnaise n’est pas seule face à la crise du logement. Le sondage Eurocities montre que de nombreux maires européens sont confrontés aux mêmes difficultés : la hausse des loyers, le manque de logements abordables, un nombre toujours trop important de personnes sans-abris et les limites d’action au niveau local. Nous faisons notre part, mais pour répondre à l’ampleur de la crise, l’Union européenne doit soutenir les villes plus directement, avec des financements adaptés et un vrai rôle dans les décisions« .

Cette déclaration reflète un sentiment partagé dans les métropoles françaises : celui d’un engagement local fort, mais freiné par des leviers d’action encore trop faibles à l’échelle nationale, et un besoin urgent de soutien européen plus structuré, plus direct et plus ambitieux.

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